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Quelque chose avait du merder dans le processus et c'était heureux ! Tous ceux qui avaient osé se tenir devant leur téléviseur ou leur radio pour écouter les nouvelles les plus terribles depuis que la guerre planétaire était entrée dans sa phase terminale, pouvaient attester que le " final count down " s'était égrené jusqu'au zéro fatidique. Les têtes étaient rentrées dans les épaules, les yeux s'étaient vus cachés par des mains tremblantes, les bouches avaient gémi d'impossibles complaintes tandis que les oreilles de centaines de millions d'auditeurs absorbaient l'affreux et glacial décompte craché par la voix métallique d'un ordinateur devenu fou. Neuf... huit... sept... et partout les mains se tordaient en offrandes pour de vaines prières. Six... cinq... quatre... et partout les têtes cognaient, les gorges hurlaient, les viscères relâchaient leur infect contenu. Partout où il y avait des hommes, la terreur transformait l'intervalle d'une seconde entre chaque chiffre en un siècle d'indicible agonie. Siècle aussitôt regretté ne n'être qu'une minuscule seconde dès que l'implacable décompte annonçait l'unité suivante. Trois... deux... un... et partout les corps se paralysaient, les membres se tétanisaient, les cœurs et les esprits, à l'unisson, se figeaient en une tentative désespérée d'opposition à la mort. Zéro... et toute vie humaine aurait dû à jamais disparaître sur la terre ! Mais rien ne s'était produit. Partout, les cœurs s'étaient remis à battre, les cerveaux à analyser. Les yeux s'étaient rouverts. Des centaines de millions de poumons avaient aspiré avec soulagement des milliers de tonnes d'air. Les hommes commencèrent à comprendre que quelque chose d'anormal s'était produit. Oui, c'était bien cela ! Quelque chose, à l'ultime fraction de seconde de ce qui aurait dû être le déclenchement de la fin du monde, s'était produit. L'infernale machinerie s'était arrêtée et ne semblait pas en mesure de redémarrer. Mais avant de vous raconter la suite, il serait sans doute préférable d'expliquer comment l'humanité en était arrivée là… La lecture de n'importe quel journal de la fin du vingtième siècle, ou mieux encore, celle d'un atlas géopolitique expliquant l'état du monde de cette époque, suffirait à convaincre de l'épouvantable marasme social, économique et environnemental dans lequel l'humanité s'était fourrée. Il est trop tard aujourd'hui pour tenter d'expliquer ce désastre par la fatalité d'une évolution contrariée par trop d'impondérables ou d'imprévus s'immisçant dans les rouages contrôlés par l'humanité. Non ! Les responsabilités sont clairement humaines. S'il avait voulu, l'homme aurait pu faire de sa planète un véritable eden. Il avait assez de ressources et d'ingéniosité pour concrétiser ce vieux rêve. Il n'a pas choisi cette option, préférant s'adonner à plein temps à la course au pouvoir, à la gloire et au profit. Mieux que d'hypothétiques envahisseurs extraterrestres, mieux que les pires cataclysmes naturels, les travers humains ont su miner l'évolution d'une espèce intelligente destinée à porter loin et longtemps l'essence même de la création. L'esprit, porté par l'humain, aurait pu gagner la partie. Il l'a perdue pour les plus mesquines raisons : orgueil, égoïsme, bêtise... Quelques dizaines d'années jalonnèrent encore un vingt et unième siècle de plus en plus misérable, et ce malgré des découvertes scientifiques et des applications techniques fabuleuses. Autant de bienfaits qui eussent dû profiter au confort et au bonheur de l'humanité, mais qui ne servirent que des intérêts très localisés au détriment de tout le reste. De plus en plus fréquemment, il y eut en certains endroits d'épouvantables pénuries de denrées essentielles, toujours ponctuées ailleurs par une surabondance d'inutilités, les secondes ne pouvant, pour d'insupportables " raisons économiques ", combler les premières. Les pollutions consécutives aux méthodes scandaleuses du productivisme, devenu une sorte de nouveau Dieu atteint de folie, firent des ravages avec une force exponentielle. L'eau potable devint de plus en plus rare et précieuse. Le climat changea, brûlant des terres jusque-là fertiles, inondant ailleurs des territoires entiers. Des espèces végétales et animales disparurent à une cadence accélérée, chaque disparition intempestive précipitant d'autres déclins. Les modifications biogénétiques apportées par l'homme en guise de correction se retournèrent contre lui, appauvrissant et fragilisant ce que la nature avait mis des millions d'années à entretenir. Chaque jour, l'apprenti sorcier perdait des points. La course à la sacro-sainte productivité ressembla de plus en plus au jeu des chaises musicales : une poignée de privilégiés concentrait un maximum de richesses tandis que l'essentiel de la population plongeait en deçà du seuil minimal de survie. La manipulation des exploités, sur tous les continents y compris au sein des sociétés jusque là privilégiées, prit des allures de loi martiale ! Il y eut des révoltes, des flux migratoires incontrôlables, des émeutes, des révolutions, des pillages, des destructions aveugles... Puis ce fut la guerre mondiale ! Cent mille pages ne suffiraient pas pour expliquer comment cette guerre s'organisa, se complexifia sur tous les continents et toutes les mers, et jusque dans l'espace que l'on commençait à coloniser. Il y eut des alliances et des reniements invraisemblables. Même le surréalisme le plus délirant ne pourrait expliquer, à moins d'envisager d'invisibles ficelles tirées par des manipulateurs de l'ombre devenus fous, comment se firent et se défirent des accords, des pactes et des complots à n'en plus finir. Les amis d'hier devenaient ennemis avant de se réconcilier puis de divorcer à nouveau à une cadence laissant pantois les observateurs neutres comme les états-majors ! Si elle était à faire, l'analyse de ce dernier conflit mondial conclurait, sans doute, que celui-ci fut orchestré sciemment avec l'intention de tout détruire à l'exception de quelques îlots où auraient pu se retrancher les derniers maîtres de ce grand jeu de dupes. Comme ces inconscients ne s'entendaient même pas entre eux, le conflit prit une tournure de guerre totale. Au dernier vivant les biens ! Chacun voulu être celui-là et sacrifia ses derniers partisans y compris lui-même, pour y parvenir, ou du moins pour ne pas permettre que d'autres y parvinssent avant lui. L'armement conventionnel fut bien sûr largement utilisé. Les armes chimiques, bactériologiques et psychiques également. L'arsenal nucléaire fut ouvert et plusieurs dizaines d'explosions atomiques rasèrent les principales mégalopoles du globe. Une guerre de haute-technologie supplanta la guerre des hommes. L'Intelligence Artificielle fut de plus en plus systématiquement autorisée à " prendre en main " les commandes des opérations. Les ordinateurs, plus précis et plus rapides, furent programmés pour devenir plus encore que de précieux auxiliaires, des décideurs à part entière ! Très vite, on ne sut plus qui des anciens dirigeants de chair et d'os ou des nouveaux dirigeants transistorisés, tenaient véritablement le destin de la planète entre ses mains… ou entre ses circuits ! Le plus dévastateur de tous les conflits mondiaux aurait pu se solder par ce mémorable gâchis, duquel aurait pu néanmoins émerger une humanité meurtrie mais bien décidée à tout reconstruire. C'était sans compter la sublime invention du professeur Z... (que l'histoire honnisse son nom !) La CNN, ou Contraction Neurale Néfinitive ! Autrement dit une modulation d'ondes thanatogènes pouvant être émise comme n'importe quelle émission radio ! Naturellement, les puristes diront que l'inventeur de la CNN songeait avant tout aux applications bénéfiques de son invention, laquelle il est vrai était idéale pour le traitement des maladies mentales jusque là incurables, comme le prurit schizoïde, la psychose ostrogothique, l'homosexualité maligne, le priapisme paranoïde ou encore le refoulement paradoxal oscillant. Mais ce chercheur avait oublié qu'il travaillait dans un institut subventionné et donc forcément espionné par l'armée, en l'occurrence l'armée confédérée belgo-croate ! (À ce moment du conflit, les alliances étaient si disparates et si incompréhensibles que nous ne nous attarderons pas sur le pourquoi et le comment de cette alliance particulière qui ne dura que trente-six heures, le temps de provoquer la destruction du plan incliné de Ronquière passé aux mains des belligérants Ougandais, de reprendre les Polders aux Monégasques, de transformer les Ardennes en camp d'extermination pour les hordes d'émigrants hollandais, et accessoirement de capter la prodigieuse invention du professeur Z...). Avec la CNN, tout était question de puissance. Une dose minuscule soulageait instantanément du mal de tête, une petite dose remettait rapidement dans le droit chemin n'importe quel ciboulot-dépressif, mais une dose supérieure vous faisait exploser la cervelle comme une roquette traversant un melon ! Façon de parler, évidemment, car l'explosion était intérieure et se contentait de transformer le cerveau en une bouillie grisâtre qui, au pire, pouvait suinter par le nez et les oreilles. Les personnes exposées à cette trop forte dose tombaient comme des mouches sans même avoir eu le temps de dire oups. C'était sans conteste la méthode la plus efficace pour faire passer l'humain de vie à trépas, et en conséquence pour éliminer radicalement l'espèce la plus belliqueuse de la planète. Précisons que cette CNN n'affectait aucunement le cerveau des animaux et encore moins les plantes et les infrastructures. Seuls les humains pouvaient être victimes du terrible flux ! La Contraction Neurale Néfinitive pouvait être émise par un appareil de la taille d'une lampe de poche à énergie solaire. Cet appareil, manipulé par un maladroit, explosait alors les têtes dans un rayon de quinze mètres ! Bien entendu, l'Intelligence Artificielle qui contrôlait toutes les émissions radios et télévisées, les surveillances radars, les communications satellites, la téléphonie, l'internet, l'approvisionnement électrique ainsi que la distribution automatique des tickets de rationnement, s'empara immédiatement de l'invention et l'adapta de façon à émettre la CNN à pleine puissance sur toute la surface de la planète, en profondeur jusqu'à vingt mille mètres et dans l'espace jusqu'à l'orbite lunaire, pour plus de sûreté ! Rien ne pouvait faire obstacle à la diffusion de la CNN, judicieusement portée par des ondes tachyons, et aucune parade ne pouvait être envisagée, du moins personne n'eut le temps d'y songer sérieusement. Pour être historiquement exact, il faudrait préciser que les diverses puissances en conflit (31 à ce moment là), chacune dirigée par son Intelligence Artificielle propre (seulement 29 au total car " l'Afrique Indépendantiste Libérale " refusait toujours la dépendance électronique tandis que " l'Union des Etats Neutres Mais Vigilants " était victime d'un sabotage informatique), réalisèrent une mise en place simultanée d'émetteurs de CNN dirigés vers les zones ennemies, chacune couvrant les autres tandis que les deux réfractaires recevaient le flux sans pouvoir l'émettre ! Mais ce détail de stratégie n'a aucune importance car l'Intelligence Artificielle Globale, depuis longtemps subordonnée à un système d'exploitation unique qu'il est inutile de présenter ici, procéda partout avec la même célérité et la même implacable efficacité. Il y eut peut-être vingt-neuf comptes à rebours simultanés, mais en réalité et pour la commodité du récit, et surtout au vu du résultat final, nous pouvons aussi bien considérer qu'il n'y en eut qu'un seul ! Et c'est ainsi que nous nous retrouvons au moment de l'infernal compte à rebours, diffusé sur toutes les radios et télévisions du monde par une Intelligence Artificielle particulièrement cynique et ayant complètement échappé au contrôle des derniers décideurs humains. Ceux qui ne désiraient pas assister en direct à cet ultime décompte, cherchèrent à se cacher dans les caves, les abris souterrains, les sous-marins ou les grottes profondes. Mais rien ne pouvait arrêter les fameuses ondes de CNN. D'autres voulurent profiter des dernières secondes pour " s'éclater une dernière fois ". Certains s'imbriquèrent charnellement les uns dans les autres dans un simulacre désespéré de fornication extrême. D'autres saccagèrent avec la rage du désespoir ce qui était à leur portée. D'autres, enfin, se firent sauter le caisson par des moyens plus conventionnels, histoire de faire un dernier pied de nez à cette technologie renégate ! Trois... deux... un... zéro... Et toute vie humaine aurait dû disparaître à jamais de la terre. Des millions de cerveaux auraient dû se transformer en semoule dégoulinante de moelle putride. La mort aurait dû être au rendez-vous, instantanée, fulgurante. Toutes les pensées auraient dû s'éteindre sur-le-champ. Mais ces pensées continuaient à dire à l'entendement de chacun que les cerveaux, apparemment, fonctionnaient toujours comme avant, ni mieux ni plus mal, et que subséquemment les corps retrouvaient des fonctions tout aussi normales ! Dès que chacun eut recouvré ses esprits, il y eut un grand moment d'indécision au sein de la population. Tout avait l'air si normal,... et pourtant les choses n'étaient plus exactement comme avant ! En fait, personne n'avait jamais sérieusement réfléchi à ce qui pouvait se passer après une fin brutale et instantanée de l'humanité. Pourquoi disserter sur ce qui n'existera plus ? Quand un arbre s'effondre dans une forêt profonde où il n'y a personne pour l'entendre, cette chute produit-elle un son ? Oui, diront ceux qui considèrent le son comme un effet acoustique indépendant d'un possible récepteur. Non, soutiendront ceux qui estiment que la perception du son est la condition même de son existence. Question de sémantique et non de logique ! Que devient une humanité qui disparaît s'il n'y a plus personne pour constater sa disparition ? Ces êtres se sentaient parfaitement vivants, mais était-ce une vérité objective ou la simple prolongation du délire créatif de l'auteur qui accouche de ces lignes ? (Lui-même, bien entendu, pouvant faire partie de cette population, ou non, au choix de ceux qui lisent ceci, ou non, s'il existe encore des yeux pour le lire, ou non... ). Par chance (*), il restait un dernier couple d'humains indubitablement vivants (deux femmes, avec un stock important d'ovules et du sperme congelé à profusion, ceci dit pour ceux qui oseraient espérer une suite à cette histoire). Ces deux miraculées occupaient la station spatiale Miranda, orbitant autour de Mars, et étaient ainsi les seules personnes se trouvant hors du champ d'émission de la CNN. L'existence de ces deux survivantes permet donc de rendre compte objectivement de la suite des événements, puisque au moins deux cerveaux humains certifiés intacts pourront constater ce qui s'est effectivement passé sur la planète. Mais en attendant leur arrivée, continuons toujours notre récit. Les radios et les télévisions étaient muettes. Seul un léger sifflement indiquait que les appareils demeuraient sous tension, mais ceux-ci ne recevaient plus la moindre émission. Des millions de doigts tournèrent des millions de molettes ou actionnèrent des millions de télécommandes, pour un résultat nul. L'Intelligence Artificielle existait encore puisqu'elle contrôlait toujours les centrales d'énergie. Les ampoules brillaient, les ventilateurs ventilaient, les... Bref, il y avait toujours du courant dans les prises ! Assez naturellement, les gens quittèrent les maisons et les abris pour se retrouver dans les rues et les parcs afin d'échanger leurs points de vue. Tous éprouvaient des sensations identiques. Ils se sentaient comme " allégés ". Non seulement leur corps mais aussi les objets environnants, leur semblaient maintenant dépourvus de poids, ou de résistance, voire même de consistance ! Beaucoup croyaient participer à une sorte de rêve collectif dans un décor devenu étrangement virtuel. Manifestement, la Contraction Neurale Néfinitive, avortée ou non, avait engendré de singuliers effets secondaires capables de modifier la perception habituelle des choses. Les animaux quant à eux ne semblaient pas avoir souffert de l'incident, mais quelques chiens et chats hurlaient ou crachaient devant leurs maîtres, sans raison apparente, avant de fuir en tremblant quand ceux-ci approchaient la main vers eux. Les hommes estimèrent qu'il devait s'agir d'effets secondaires temporaires. Quoi qu'il en soit, l'émission de CNN avait dû connaître un dysfonctionnement grave. Les ordinateurs avaient peut-être volontairement modulé l'émission afin de ne pas disloquer les cerveaux, mais juste pour les secouer un peu. Ou, plus probablement, un incident mystérieux s'était produit et avait paralysé in extremis l'émission mortelle. Les gens se demandèrent alors si la situation était identique partout sur la planète ou seulement à l'endroit où ils se trouvaient. Ils essayèrent les communications téléphoniques (qui fonctionnaient parfaitement malgré une incroyable légèreté des téléphones portables), pour constater rapidement que la situation était identique partout. Puisque que les radios et les téléviseurs dirigés par l'Intelligence Artificielle demeuraient muets, et qu'aucune autre émission de CNN ne semblait arriver, beaucoup se mirent à espérer que tout était arrêté, la guerre, les menaces de mort, la fin du monde ! La navette spatiale d'Eve et Eva (ô divin hasard !), arriva sur l'orbite terrestre en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Les deux astronautes activèrent les détecteurs d'activités humaines et attendirent anxieusement les résultats. En bas, il y avait un sérieux problème : le très grand nombre de cadavres éparpillés un peu partout ! Evidemment, il y avait les corps de ceux qui s'étaient pendus ou tirés une balle dans la tête pour narguer la CNN, mais cela n'expliquait pas tout. Il y en avait vraiment de trop. Un doute s'immisça dans les esprits. Les gens cessèrent de se congratuler bêtement au milieu des parcs et des rues. Après un accord tacite sur leurs intentions respectives, ils se séparèrent pour visiter les demeures de ceux qu'ils quittaient ! Comme beaucoup s'y attendaient sans oser encore y croire, ils y trouvèrent les corps sans vie de ceux qu'ils venaient de quitter une minute plus tôt ! Après plusieurs révolutions orbitales, les détecteurs d'activités humaines de la navette spatiale affichaient toujours un splendide zéro pour-cent. Les deux femmes se regardèrent sans prononcer un seul mot. L'évidence sautait aux yeux : l'ultime décompte avait eu lieu pendant leur absence. Il n'y avait plus aucun être humain survivant sur la terre ! Elles étaient désormais les seules représentantes de l'espèce humaine ! Cette charge était manifestement trop lourde pour leurs frêles épaules. Sans éprouver le moindre regret, car elles avaient reçu un entraînement militaire, Eve et Eva programmèrent une rentrée atmosphérique sous un angle qui devait leur assurer une désintégration fulgurante. Cela valait beaucoup mieux ainsi ! À la surface de la terre, les esprits désemparés retournaient maintenant en grande hâte à l'endroit qu'ils occupaient au moment du décompte final, en proie à une épouvante incoercible. Cependant, aucun d'eux n'y découvrit son propre corps ! Car il est un fait bien connu que les fantômes ne peuvent jamais retrouver leur propre dépouille charnelle… Il y eut alors comme un feu d'artifice constitué par la désintégration de ces millions d'étincelles d'espoir. Puis un vent de panique se chargea d'évaporer ces dernières bribes d'humanité tandis qu'une étoile filante crevait la haute atmosphère d'une intense lueur orangée. (*) Notez que l'auteur n'était pas obligé de faire du zèle, il aurait pu cesser abruptement son récit après le zéro fatidique, louez donc sa conscience professionnelle et son imagination ! |