Mars emballe

 

- Vous voulez rire, Michalon ?

- Pas le moins du monde, monsieur Dettorese... Je suis formel !

Formel, formel... rien que d'avoir osé prononcer ces mots, le dénommé Michalon faisait déjà moins le fier. En face de lui, son supérieur ne donnait guère l'impression de vouloir le croire sur parole, bien au contraire. Au ton de son intervention, il était clair qu'il pensait surtout à une plaisanterie de son employé. Une plaisanterie qu'il ne goûtait guère !

Pol Michalon, il est vrai, faisait partie de cette catégorie de chercheurs passablement rêveurs, se laissant facilement emporter par une imagination débridée au point d'en perdre toute mesure dès qu'il fallait reprendre pied dans le monde réel. Le plus souvent taciturne et discret, affligé d'une timidité maladive, il lui arrivait néanmoins de s'emporter vivement pour des causes dont lui seul voyait l'intérêt, ce qui, dans ces moments particuliers, révélait chez-lui une sorte d'état caractériel. Dans sa partie, Pol Michalon était cependant un chercheur génial qui n'avait pas la réputation d'être un plaisantin. La remarque incisive de son chef, à mi-chemin entre la question incrédule et le constat désobligeant, l'avait arrêté net dans le développement de son idée. Blessé, il avait encore eu l'audace de rétorquer sur le même ton, mais les mots qui avaient franchi ses lèvres résonnaient amèrement dans son esprit. Il n'avait guère l'habitude d'imposer ses idées de façon aussi péremptoire et il se trouvait maintenant bloqué, comme s'il venait de gaspiller d'un seul coup la totalité de son mince pouvoir de persuasion. Il demeurait muet, comme suspendu par un fil invisible au beau milieu de la pièce, dans l'attente d'un hypothétique encouragement ou d'une de ces crises impromptues qui ferait jaillir de sa bouche des propos frénétiques et décousus.

Il avait fait irruption une minute plus tôt dans le bureau de Pierre Dettorese, le chef du Département d'Analyses Martiennes. Il était excité comme un diable. Il avait même omis de se faire annoncer, ce qui ne lui ressemblait guère. Dettorese l'avait reçu on ne peut plus froidement, absorbé qu'il était dans la lecture d'un dossier particulièrement rebutant. Lui non plus n'avait pas la réputation d'être un plaisantin. Il fallait même se lever tôt pour avoir le privilège d'apercevoir un sourire sur la mine de cet austère personnage. Il portait la responsabilité des travaux fournis, et surtout à fournir, par les cent vingt chercheurs de l'équipe M5, et le moins que l'on pouvait en dire était qu'il la portait avec une ferveur infaillible. Depuis que la septième expédition martienne était revenue sur terre, avec dans ses soutes le matériel archéologique découvert par la sixième expédition, l'effervescence au sein de l'Institut d'Exosciences excluait toute velléité de plaisanterie !

Les deux hommes s'observèrent dans un silence quasi palpable. Ou, plus exactement, le chef jaugea sévèrement son subalterne tandis que ce dernier, temporairement calmé, s'absorbait dans la contemplation de ses chaussures. Finalement, Dettorese poussa un interminable soupir tout en posant ses mains à plat sur son bureau. Ce que venait de lui annoncer Michalon dépassait de loin les espoirs contenus dans les rapports autrement sérieux qu'il épluchait à longueur de journée. Avait-il bien entendu ? L'autre devait vouloir se moquer, ou à tout le moins prendre ses rêves pour des réalités ! Il se leva d'un jet et se dirigea droit sur son employé. Peut-être pensait-il dissiper ainsi une sorte d'hallucination, un spectre facétieux ayant pris les traits de Michalon pour se matérialiser dans son bureau. Mais le vrai Michalon était bien là, en chair et en os, quoique toujours aussi décomposé. Il tenait une liasse de paperasses dans une main et une sorte de petit cylindre de cristal dans l'autre. Ce cylindre faisait partie des objets façonnés découverts sur Mars et dont on commençait à peine à comprendre l'usage. Dettorese dut se rendre à l'évidence, Michalon n'avait pas l'air de plaisanter. Mais ce grand timide caractériel était à présent comme paralysé de peur et de gêne mêlées. Il allait devoir le relancer avec précaution s'il voulait obtenir de plus amples explications.

- Bon, commença Dettorese, reprenez-moi si, par hasard, j'ai mal compris ce que vous venez de me dire...

Le chef de département avait articulé ses paroles en détachant distinctement chaque mot, tout en veillant à conserver son plus grand calme. L'autre acquiesça d'une voix peu assurée mais osa néanmoins relever la tête.

- Non seulement vous prétendez avoir percé, à vous seul, le mystère du langage martien... Est-ce exact ?
- C'est cela même, approuva Michalon avec cette fois un ample mouvement du buste et un large sourire de contentement.
- Mais vous prétendez aussi avoir l'explication de l'extinction de nos dinosaures, et qui plus est, celle de la disparition de la civilisation martienne...
- Parfaitement monsieur Dettorese ! C'est ce que je peux démontrer à partir des traductions issues de ceci...

Tout gesticulant, il exhibait à la fois le petit cylindre de cristal et la liasse de papiers débordant de ses mains. Plusieurs feuillets s'échappèrent et s'éparpillèrent dans la pièce. Ne voyant que le fameux " tube de mars ", Dettorese porta vivement ses mains autour du poing de son employé. Il n'aurait plus manqué que ce maladroit, dans un mouvement de nervosité, laissât échapper ce précieux vestige d'une culture extraterrestre disparue.

- Vous êtes fou de vous trimbaler avec cette pièce ! Jura le chef.
- C'est que, balbutia l'autre, elle a maintenant livré ses secrets et ...
- Et vous allez me faire le plaisir de la remettre dans l'étui de protection prévu à cet effet !

Michalon s'exécuta avec empressement. Il déposa d'abord le tube de cristal sur le bureau, tira l'étui protecteur d'une de ses poches puis y replaça l'objet avant de tendre l'ensemble vers Dettorese. Celui-ci s'en empara pour le protéger derrière son autorité de chef.

- Maintenant, veuillez vous asseoir et reprendre vos explications. Et cette fois, tâchez d'être un peu plus clair !

Michalon s'installa sur l'extrême bord de sa chaise et, durant dix bonnes minutes, expliqua ce que tout le monde à l'Institut savait déjà. Dettorese dut faire de terribles efforts sur lui-même pour ne pas l'interrompre et risquer de le bloquer une nouvelle fois. Il écouta poliment ce préambule. Les premières missions martiennes avaient rapidement apporté la preuve que la vie s'était jadis développée sur la planète sœur. Cette révélation avait provoqué une véritable révolution dans la manière de concevoir la finalité évolutive de l'univers, sans parler des concepts philosophiques et théosophiques qui en avaient pris un sacré coup. Puis les chercheurs avaient été de surprise en surprise. La vie martienne avait produit une espèce humanoïde intelligente, comme chez-nous. Cette espèce avait connu un développement scientifique et technologique similaire voire supérieur au notre ! Malheureusement cette civilisation avait disparu pour une raison mystérieuse, de même que toute vie sur la planète ! Cela s'était passé quelques millions d'années avant notre ère et les traces de cette civilisation s'étaient effacées sous la poussière rouge du sol martien. Par un heureux hasard, la sixième expédition avait mis au jour ce qu'il convenait d'appeler un sanctuaire techno-scientifique. Peut-être avait-il été conçu en prévision de la catastrophe qui décima toute vie sur la planète. Peut-être son rôle était-il, simplement, la conservation des connaissances, pour d'éventuelles générations futures ou pour des visiteurs extramartiens. Le témoignage d'un passé glorieux abandonné aux espoirs de l'éternité ! Il était impossible d'en être certain à ce stade des analyses. Cette sorte de bunker enfoui à une profondeur de près de cinquante mètres recelait une invraisemblable quantité d'objets parfaitement intacts. La septième expédition avait ramené sur terre l'essentiel de cette manne. L'Institut International d'Exosciences, dix-huit niveaux, cent douze sections, plus de vingt mille collaborateurs, travaillait aujourd'hui à plein temps sur ce " trésor martien ". Pol Michalon était un linguiste qui, jusqu'à ce jour, n'avait guère eu l'occasion d'exercer ses connaissances sur les artéfacts rapportés. Et pour cause ! On n'avait pas encore découvert de traces écrites ou parlées d'un quelconque langage martien. Enfin presque...

Il y avait bien quelques signes curieux, sorte de hiéroglyphes tracés çà et là sur les objets, les contenants ou même les parois internes du bunker. Mais on n'était pas parvenu à établir s'il s'agissait de symboles, de mots ou même de lettres. Pouvait-on sérieusement accoler un sens récurrent à ces signes bizarres ? Rien n'était moins sûr. Les meilleurs linguistes, Michalon le premier, s'y étaient cassés les dents. Ces spécialistes étaient unanimes pour admettre que la matière manquait en quantité et en précision pour pouvoir tirer quelque chose de sérieux de ces maigres informations. Pourtant, il ne faisait aucun doute que ces êtres, à moins d'être télépathes et pourvus de mémoires phénoménales, ce qui bien sûr n'était pas exclure, devaient disposer d'une forme ou l'autre de langage.

Deux mois plus tôt, des physiciens s'étaient aperçus que certains objets, ceux en cristal précisément, étaient dotés d'une étrange rémanence magnétique. Selon eux, cela pouvait correspondre à une sorte d'enregistrement de données. Les différentes tentatives pour analyser ces supports n'avaient, hélas, encore rien donné. Si de l'information était dissimulée au sein de ces supports, le moyen de l'en extraire demeurait un mystère. Seule anecdote notable à ce sujet, un incident curieux avait eu lieu dans un atelier de stockage. Un ordinateur s'était mis soudain à " délirer ", transformant son écran, qui aurait dû simplement montrer les graphiques d'un travail de compilation de données, en une suite serrée de caractères cabalistiques absolument dénués de sens. Paradoxalement, cet ordinateur n'était pas relié au réseau général. Il servait à encoder des informations préliminaires sur des échantillons, dans une section préparatoire. Quelqu'un remarqua qu'un des petits cylindres martiens avait roulé contre l'appareil, mais cela n'avait peut-être rien à voir avec son dérèglement. On refit l'expérience mais le phénomène ne se reproduisit pas. Naturellement, une sauvegarde de cet étrange " message informatique " avait été effectuée et les meilleurs spécialistes en informatique s'étaient attelés à la tâche, en vain. Personne n'était parvenu à trouver l'explication du phénomène, encore moins la signification de ce charabia. Le processeur avait dû chauffer, se dérégler et vomir de façon totalement aléatoire le contenu d'une mémoire tampon… Par prudence, on flanqua l'engin aux rebuts. L'affaire en serait restée là si Michalon ne s'était emparé du listing incompréhensible pour les informaticiens. Lui qui n'y connaissait rien en ce domaine, s'était dit qu'il pouvait tout aussi bien l'étudier avec un œil de linguiste. Ses confrères l'avaient laissé faire, la plupart riant sous cape. Il est vrai qu'il ne dérangeait personne et que la section de linguistique n'avait guère de travail en retard.

- Venez-en au fait, risqua Dettorese pour empêcher que Michalon ne lui résume l'intégralité de l'épopée martienne.
- J'y arrive, monsieur. Ce listing est, comment dire ? Une sorte d'éjaculation de langage martien capté et fixé par un de nos ordinateurs...
- Vous avez bien dit une éjaculation ? coupa l'autre avec une moue de dégoût.
- Une émission brève et impulsive, si vous préférez.
- Je préfère, oui, et à l'avenir... Mais continuez !
- Pourquoi, comment, je l'ignore encore. Mais il s'agit bel et bien d'informations martiennes, contenues à l'origine dans ce cylindre en cristal (il indiquait du doigt l'objet à présent dans la main de son chef). L'ordinateur, pour une raison inconnue, a " traduit " cette émission en affichant des glyphes puisés dans ses propres banques mnémoniques.
- Des glyphes ? Des banques mnémoniques ?
- Oui, en somme n'importe quoi d'unitairement prédéfini et servant ordinairement à afficher des messages intelligibles... Du moins quand il y a un programme intelligible pour en assurer l'exécution, évidemment !
- Evidemment !

Les deux hommes se regardèrent fixement. Michalon parlait des ordinateurs comme l'aurait fait un archéologue romantique, et à l'écouter discourir ainsi, Dettorese y laissait des lambeaux de raison.

- Bref, ajouta enfin Pol Michalon, ce document (il exhibait fièrement le listing couvert de signes cabalistiques), est bien une expression du langage écrit martien ! Et ce texte, monsieur Dettorese, j'ai pu le traduire !
- Ha ? émit posément son vis-à-vis, évitant ainsi d'exploser de ce qu'il ne savait pas encore devoir être de la joie ou de la colère.
- Oui, reprit l'autre sans rien remarquer de cette hésitation. Et ce que j'y ai découvert est... est...
- Stupéfiant ? Est-ce le mot que vous cherchez ?
- Oui monsieur, stupéfiant ! Ahurissant ! Supercalifragilisticexpialidocious !
- Hein ? Qu'est-ce que vous dites ?
- Euh !... Excusez-moi, chef, je m'emballe et... Mais peut-être souhaitez-vous connaître la teneur de ce document ?
- Evidemment mon vieux ! S'il y a bien une chose que je souhaite aujourd'hui, c'est d'entendre une bonne histoire martienne !

Trop exalté par son affaire, Michalon ne releva même pas l'ironie. Il toussota comme s'il s'apprêtait à offrir la primeur d'un discours de remerciement pour un prix Nobel de littérature fantastique.

- Ce document, commença-t-il, est, comment dire ? une sorte de bon de commande !
- Un bon de commande ?
- Parfaitement, chef ! Mais attention, un bon de commande exceptionnel.
- Je veux bien le croire, persifla l'autre en songeant qu'il ferait peut-être bien d'en remplir un pour commander au plus vite de très longues vacances pour son subordonné, sur Pluton de préférence.
- Un bon de commande, répéta l'autre, peut nous apprendre énormément de choses sur les personnes, les activités, le mode de vie...

Dettorese hocha la tête, silencieux pour cause de mâchoires crispées.

- Dans le cas qui nous occupe, un individu apparemment très connu et très apprécié au sein de la société martienne, dont le nom pourrait se traduire par " HistochaCravjeff ", passe une importante commande de matériaux auprès de la toute puissante " Compagnie Unifiée de Fourniture et d'Assistance Technique aux Artistes ".

Dettorese en accrocha ses sourcils au plus haut de son front, mais toujours prudent, il ne pipa mot. Michalon, lui, poursuivait avec emphase :

- Qui était cet HistochaCravjeff ? Il me semble que cet homme, pardon, ce martien, devait être un très grand artiste, peut-être le plus admiré de son temps, une sorte de sculpteur spécialisé dans l'approche d'un nouveau réalisme conceptuel et monumental du recouvrement éphémère de surface...

Cette fois, Dettorese ouvrit une bouche silencieuse, un peu comme l'aurait fait un détecteur d'étonnement passant soudainement sur une impossible concentration de mystère.

- Il fait la demande par ce bon de commande, - tenez-vous bien chef -, " que les établissements Kravendish puissent lui confectionner une bâche solide, imperméable à l'eau et à la lumière, ignifugée, d'une superficie totale supérieure - ici j'ai dû transposer approximativement des mesures martiennes, forcément -, à 520.000 x 1013 km2 " !

La mâchoire inférieure de Pierre Dettorese, déjà fortement lestée, fit une escale supplémentaire vers le bas, ovalisant encore plus le gouffre aux étonnements.

- L'artiste demande également " de la ficelle robuste, une bonne longueur d'au moins 40 millions de kilomètres " !

Dettorese, Pierre de son prénom, eut cette fois la désagréable impression de perdre de sa consistance, de se mettre flotter, de dériver tel un vulgaire bouchon de liège abandonné sur un océan houleux.

- Enfin, continuait l'imperturbable Michalon, HistochaCravjeff demande " une assistance technique et logistique de trente mille hommes ", pardon, de trente mille martiens, évidemment ! Des martiens " munis de flotteurs atmosphériques individuels, de colle et de ciseaux. L'équipe et le matériel devront être acheminés vers Crayablue à bord d'un transporteur spatial géant de classe TZ ". Je suppose, chef, que " Crayablue " était le nom qu'ils donnaient à notre planète...
- Vous vous sentez bien ? trouva enfin la force d'articuler le chef du Département M5 de l'Institut d'Exosciences.
- À partir de là tout devient limpide, lança en réponse un Michalon dont plus personne à présent n'aurait réussi à calmer l'exaltation.

Le linguiste surexcité lança les bras au ciel et effectua de larges moulinets, lesquels étaient censés mesurer des distances stellaires sur des plans invisibles. Presque tous les feuillets du dossier qu'il tenait encore à la main se dispersèrent comme des confettis géants. Il avait exactement l'air d'un clown se débattant au sein d'une tornade.

- Limpide ? coupa férocement Dettorese pour briser l'hypnose qu'engendrait peu à peu cette vision de cauchemar. Je ne vois pas ce qu'il y a de limpide dans ce prétendu bon de commande pour le moins burlesque et, excusez-moi mon cher de douter ainsi de vos compétences, mais qui n'est aux yeux de tous qu'une incompréhensible chiure d'ordinateur devenu fou !
- Monsieur Dettorese ! J'ai ici les preuves de ce que j'avance (il indiquait maintenant les dizaines de feuillets éparpillés sur le sol, ce qui on le conçoit aisément n'était pas pour ramener la rigueur scientifique dans le débat). Vous ne comprenez pas ? La superficie de la bâche, la longueur de la ficelle, un artiste spécialiste du recouvrement de surface... Mais cet HistochaCravjeff a tout bonnement emballé la terre !
- Emballé la... ? Mais vous êtes complètement…
- Absolument chef ! La superficie de la bâche commandée correspond à peu de chose près à ce qu'il faudrait pour emballer notre planète, et la longueur de la ficelle pour tourner un millier de fois autour du paquet ! Ils l'ont fait, chef ! Ce qu'il advint de la terre, à cause de cette " œuvre d'art " pour le moins monumentale, est aisé à comprendre. Cela s'est passé il y a des millions d'années, durant notre ère secondaire. Vous imaginez l'affaire ? Du jour au lendemain ou presque, plus de lumière, plus de pluie arrivant au sol, les animaux et les végétaux plaqués au sol par cet emballage serré... Dans de telles conditions, les grands sauriens ainsi que les espèces les plus fragiles, ne pouvaient que disparaître ! Dieu sait combien de temps l'emballage fut maintenu avant d'être enlevé ou, s'il ne fut pas enlevé, avant de se désagréger... Des mois ? Des années ? Des siècles peut-être !
- Mon pauvre Michalon... Mais vous déraillez complètement !
- Et les martiens, chef, les martiens, ils ne se sont pas arrêtés là. Sous l'impulsion de cet artiste extraordinaire, ils se sont emballés eux-mêmes ! Je vous l'affirme, chef… J'ai ici un autre bon de commande pour une bâche dont les dimensions correspondent à la superficie de mars...

- Au secours ! Au fou ! À moi ! Mais voulez-vous bien me lâcher ? Voulez-vous arrêter ? Sortez imm…

Tchoc ! Bardaf ! Bradaboum ! ...

Les employés du service technique, alerté par le vacarme, délivrèrent enfin Dettorese de la gangue de papier et de ficelle où un Michalon subitement devenu fou l'avait emprisonné. Il fallut un siècle entier et dix-huit expéditions supplémentaires sur la planète rouge pour reconnaître que le linguiste avait vu juste. Enfin, presque, car en fait d'archives martiennes, nos voisins stellaires avaient surtout stocké un bon lot d'histoires drôles…

Avec, dans les rôles principaux pour cette histoire : Pol Michalon (Champollion), Pierre Dettorese (Pierre de Rosette) et HistochaCravjeff (Javacheff Christo).

FIN

© ® Auteur : Claude Thomas, texte déposé.

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