Prémices d'une incommensurable terreur

 

Le premier choc sonore, sorte de bruit confus et très assourdi, ne produisit aucun effet. Le deuxième resta pareillement sans écho. Le troisième fut le bon ! Répondant à un conditionnement patiemment élaboré, un déclic inconscient amorça le lent processus qui devait rappeler l'homme à la vie.

Cet homme étendu, rigide, froid, cliniquement mort pour ceux qui, en ce moment, devaient le veiller, ébaucha mentalement son plus savoureux sourire. Il avait réussi ! Le miracle du retour à la vie, de SON retour à la vie, se déroulait exactement comme il l'avait espéré ! Cette prise de conscience, bien que très ténue à ce stade du processus, eut pour effet de le rassurer. L'étonnement des autres, la joie partagée et les commentaires incrédules viendraient ensuite. Malgré les apparences, il se trouvait toujours du bon côté de la vie ! D'ailleurs, ses oreilles percevaient de plus en plus distinctement les nouveaux chocs sonores. Tout fonctionnait donc selon le plan prévu. Le plus grand danger était passé et tout irait bien à présent. Il s'était assez entraîné à cet effet. Il devait encore accorder un peu de temps à son organisme engourdi avant de récupérer pleinement l'usage de ses autres sens puis de ses membres. Bientôt, il serait complètement tiré d'affaire. Il pourrait véritablement respirer, son cœur pourrait véritablement se remettre à battre. Il ouvrirait alors les yeux. Il parviendrait enfin à remuer l'extrémité des ses membres. Puis il s'éveillerait complètement au grand ébahissement de tous !

Pour ceux qui, à cet instant, auraient pu l'ausculter attentivement, son corps se trouvait dans un état de mort apparente, et ce depuis un temps indéfinissable. En réalité, il avait tout programmé à la minute près afin d'émerger de cet état au moment le plus propice à la réussite de son plan. Néanmoins, il savait aussi que, dans cet état particulier, le temps pouvait prendre des libertés considérables avec les instruments de mesures. Les heures pouvaient ressembler à des minutes et des jours entiers à seulement quelques heures. Il n'avait plus aucune respiration perceptible, plus aucune pulsation cardiaque mesurable. Son corps avait tout du cadavre. Quant à son activité cérébrale, à supposer que quelqu'un eût l'idée de vérifier ce paramètre pour confirmer le diagnostic, il n'était même pas certain qu'elle aurait été mesurable. Pour n'importe quel observateur, même le plus avisé des médecins légistes, il était mort ! Mais lui savait qu'il ne l'était pas réellement, qu'il était comme " suspendu " entre la vie et la mort, et surtout qu'il allait " revenir " du côté des vivants !

Et non seulement il sentait le miracle s'accomplir, mais cela signifiait aussi qu'il avait réussi son coup : commettre le crime le plus parfait qui soit ! La diabolique machination mise au point grâce à son talent et son audace était une réussite magistrale. Son épouse, qui devait certainement se trouver étendue à ses côtés, ne reviendrait jamais, elle, du royaume des morts. C'était cela qu'Igorian Athanatos souhaitait par-dessus tout !

Il ressentit enfin la première pulsation cardiaque digne de ce nom. Celle-ci était encore très faible, un doux pincement, à peine un frisson musculaire, mais il reconnut le mouvement vital et son sourire mental se transforma en un muet hurlement de victoire. Encore un peu de patience, le processus devait suivre son cours, lentement, progressivement.

Igorian Athanatos n'avait jamais eu beaucoup de chance dans la vie. Malgré de remarquables talents d'illusionniste et un don véritable pour le fakirisme, il n'avait jamais réussi à imposer son art sur les scènes des quelques théâtres qui avaient bien voulu l'accueillir. Il faut dire que ses numéros, depuis longtemps passés de mode, n'attiraient plus que de rares nostalgiques de cette discipline. Aussi, il n'avait connu ni la gloire ni la fortune escomptées, et sans doute fallait-il voir là la cause principale de ses déboires conjugaux. Des déboires qui, pour les résumer, avaient un nom unique, un nom qu'il regrettait amèrement d'avoir un connu : Magda !

Comme elle était exquise sur le front de mer de Venissipolis, avec ses cheveux flottant au vent et son regard félin, avec sa silhouette gracieuse et son sourire... de serpent à sonnette ! Le premier moment d'égarement passé, il était devenu clair pour Igorian qu'il avait été victime d'un étonnant phénomène hallucinatoire. L'amour est aveugle, dit-on, et Igorian avait fait de sa vie la démonstration de cet adage. Peut-être Magda avait-elle été jolie, charmante, agréable, spirituelle et tutti quanti ? Mais c'était à Venissipolis, le temps d'un soir, il y avait de cela un peu plus de quinze ans. Celle qu'il traînait dans son sillage depuis ce jour maudit avait maintenant les cheveux ternes, un regard de fouine et une silhouette qui n'avait de gracieux que la première syllabe ! Magda était la personnification de cette épine qu'Igorian ressentait, glaciale et meurtrière, chaque fois qu'il osait se retourner sur son passé pour mesurer les limites de son misérable destin. Certes, il n'avait pas réussi à faire fortune et à offrir à celle qui était devenue sa femme, le confort et le luxe qu'elle réclamait. Sur ce point, sans doute ne pouvait-il s'en prendre qu'à lui-même. Mais l'avait-elle aidé ? L'avait-elle soutenu ? Lui avait-elle fait une seule fois confiance ? Son attitude négative l'avait rendu amer et indécis à la moindre volonté d'entreprendre quoi que ce soit de novateur. Depuis quinze ans, il végétait en traînant sa femme comme un boulet de forçat, un boulet qui s'alourdissait d'ailleurs, au propre comme au figuré, avec le poids des ans !

Curieusement, le couple n'avait jamais envisagé le divorce. Il est des milieux où les nœuds ne sont pas faits pour être dénoués, par principe. Aussi bien les nœuds de la discorde que ceux du mariage. La situation était certes pénible pour chacun, mais aucun n'avait voulu œuvrer dans la direction d'une délivrance qui eût dû, pour cela, briser des scellés de pacotilles imprudemment posés. Igorian et Magda se détestaient comme si cela faisait partie de la vie normale de tous les couples de quinze ans d'âge. Souvent, Igorian était traversé de pensées telles que : " s'il pouvait lui arriver quelque chose, un accident, un enlèvement ou une disparition ". Ces pensées le réjouissaient à chaque fois. Puis, ces derniers temps, ces pensées avaient brusquement changé de ton. Ce n'était plus des " s'il pouvait ", mais bien des " il faut que " ! À sa décharge, il faut dire aussi que, dans le même temps, il avait pris connaissance d'un fait passablement désagréable même pour un mari détestant sa femme. Magda le trompait ! Et son amant n'était autre que le culturiste habitant l'appartement du dessus. Un homme dont il était à bien des niveaux l'antithèse et qu'il avait cru, naïvement, être aussi à l'opposé des goûts de sa femme. Cette découverte avait balayé ses dernières réserves. Magda allait payer et la mort serait son châtiment ! C'est ainsi que l'idée d'assassiner sa femme s'était ancrée en lui. Non seulement il allait la tuer, mais, en plus, il allait commettre un crime parfait. Histoire d'ajouter de l'intérêt à l'affaire, il s'était même arrangé pour souscrire une assurance vie réciproquement bénéficiaire, laquelle lui procurerait le moment venu - à lui seul évidemment ! - un confortable pactole.

Son cœur connut un second battement, puis un troisième et d'autres suivirent de plus en plus réguliers, de plus en plus forts. La mécanique repartait. Bientôt, sa respiration se réaffirmerait, de l'air frais gonflerait ses poumons au-delà de l'insignifiante ventilation qu'il connaissait depuis des heures. Puis d'autres mouvements affecteraient les muscles de ses membres, puis la lumière inonderait ses yeux, illuminerait son cerveau, enfin !

Son plan pour assassiner sa femme était à la fois simple et très complexe. Simple car l'exercice auquel il devait s'astreindre pour, d'une part, ne pas être suspecté du meurtre et, d'autre part, que l'opération ait l'apparence d'un malencontreux accident, était le fruit de sa longue expérience et de ses talents particuliers. Complexe car seul un être d'exception tel qu'Igorian Athanatos, " Le plus grand fakir européen " tel qu'il apparaissait jadis sur les affiches de music-hall, était en mesure de le réaliser. Il avait résolu d'accompagner son épouse jusqu'aux portes du monde des morts, endroit d'où lui seul, c'était une de ses spécialités, était en mesure de revenir ! Il s'agissait d'une épreuve complexe mais parfaitement réalisable pour un homme tel que lui. De plus, il concevait cela comme un défi, un exploit qu'il devrait ensuite garder secret pour le reste de ses jours, mais qui glorifierait, pour lui seul, l'immense talent dont il était un véritable maître.

Il avait pensé au gaz immédiatement. Trois ans plus tôt, le locataire du cinquième avait succombé à l'invasion de ce tueur invisible, insidieusement distillé par une cuisinière en mauvais état. Il allait donc provoquer une fuite de gaz dans son propre appartement. Lui et sa femme respireraient le poison mortel. Sa femme en mourrait, tandis que lui en réchapperait miraculeusement ! Pour exécuter son forfait, Igorian avait choisi la nuit du jeudi au vendredi. En effet, Ida, la sœur de sa femme, passait à l'appartement chaque vendredi dès sept heures quarante-cinq du matin. Elle arrivait à cette heure matinale car elle empruntait le bus 126 qui la déposait au pied de l'immeuble. Le bus suivant ne desservait le quartier que deux heures plus tard, ce qui aurait considérablement raccourci le temps qu'elle mettait à empoisonner la vie d'Igorian. Les deux sœurs, est-il utile de le préciser, s'alliaient immanquablement pour blâmer l'homme de la maison avant de s'en aller faire la tournée des commerces de futilités. Cette fois, la méchante réplique de son épouse allait servir à quelque chose de plus utile : elle aurait le privilège de découvrir le drame ! N'obtenant aucune réponse en frappant à la porte de l'appartement, elle entrerait avec sa clé ou ferait ouvrir par le concierge, et découvrirait les deux corps sans vie dont un seul, naturellement, lui arracherait quelques larmes. Pourtant, ce n'était pas celui-là qui, quelques minutes plus tard, allait lui réserver l'impitoyable surprise de revenir miraculeusement à la vie !

L'autre ingrédient indispensable au bon déroulement de son plan n'était autre que le prétentieux jeteur de fonte habitant l'étage au-dessus. Le fameux culturiste amant de sa femme servirait de " signal d'alarme " et de " métronome " pour la circonstance ! Celui-là allait jouer le rôle du détonateur. C'était bien sûr une façon de parler car rien n'allait exploser malgré le gaz répandu dans l'appartement ! Cet homme allait, bien involontairement, enclencher le signal qui tirerait Igorian de son coma artificiellement provoqué par sa concentration psychique. En effet, cet athlète était réglé comme du papier à musique ! Huit heures : il sortait pour un footing d'une demi-heure. Huit heures trente : il rentrait et se mettait aux " instruments " durant une autre demi-heure. Des extenseurs et des haltères montés sur une incroyable machinerie digne des salles de tortures du moyen-âge ! La singularité de cette machinerie destinée à entretenir les muscles qui faisaient fantasmer son épouse, était sa sonorité incomparablement mélodieuse. Perçue depuis l'appartement du dessous, chez les Athanatos, cela faisait une longue litanie de broufff... broufff... broufff...

Ce bruit provenait des poids de fonte s'entrechoquant en retombant sur leur support. C'était régulier comme un métronome et agaçant comme un robinet qui fuit. Mais ce bruit, pour une fois, sonnerait comme la plus merveilleuse trompette annonçant le réveil du gisant... En songe, si cela lui était possible, Igorian regarderait sa femme qui, peut-être, franchirait les grilles du paradis, bien qu'il lui souhaitât plutôt de tomber dans les fourneaux de l'enfer. Quant à lui, il rebrousserait chemin, il reviendrait sur terre sur un petit nuage ! Il n'avait rien vu de tout cela mais, à vrai dire, il n'avait jamais cru à ces enfantillages.

Depuis des semaines, il s'était entraîné en secret afin que cette succession de chocs sourds devînt, le moment venu, le fameux signal déclencheur de son retour à la vie. Il s'était astreint à un mariage d'auto-hypnose et de relaxation hyper-profonde, auquel il avait ajouté quelques trucs de fakir de sa spécialité. Il était là sur son terrain, ces choses de l'esprit lui étant coutumières. Aussi, après un entraînement suffisant, il fut certain que seul le signal prévu aurait la faculté de déclencher le processus de réveil. Les autres bruits, même les plus tonitruants, même les coups que l'on pouvait directement lui porter, ne pourraient modifier son état de mort apparente. Seuls les " broufff... broufff... broufff " du culturiste auraient le pouvoir d'agir sur son psychisme. C'était là une condition essentielle afin d'écarter tout risque d'un réveil prématuré dans une atmosphère encore saturée de poison ! En effet, il ne pouvait courir le risque de rétablir ses fonctions respiratoires avant l'arrivée des sauveteurs et l'aération de l'appartement !

Le jeudi soir, Igorian se coucha comme d'habitude dans le lit voisin de celui de sa femme. Celle-ci dormait déjà, aidée en cela par deux petits comprimés roses qu'elle prenait pour, disait-elle, oublier qu'elle partageait encore une moitié de chambre avec un raté. Mais avant de se mettre au lit, le raté en question avait quelque peu aidé le tuyau flexible d'arrivée du gaz à se fissurer à l'endroit où celui-ci frottait contre le coin métallique de la cuisinière. Le bricolage était parfait. Jamais personne ne pourrait voir à cela autre chose que le résultat d'un malencontreux hasard, à peine aidé par un manque d'entretien dont personne ne se sentirait responsable. Cela sifflait à peine, mais c'était amplement suffisant pour saturer l'atmosphère de poison. Le gaz jaillissait hors de son conduit, comme excité à l'idée de mettre en péril de pauvres vies humaines. Igorian laissa les portes intérieures de l'appartement entrouvertes, cela aussi était habituel. Il ne lui restait plus qu'à se mettre en condition et à laisser le poison faire son oeuvre...

Il s'allongea dans son lit et exécuta immédiatement le protocole de plongée en relaxation profonde. Avec une maîtrise parfaite, il bloqua petit à petit toutes les activités de ses organes vitaux. Son cœur se ralentit fortement, sa respiration se fit infime, sa température tomba... Il sentit à peine l'odeur caractéristique du gaz qui envahissait la pièce, car déjà il ne respirait presque plus. Il plongea plus profondément encore dans l'infini intérieur. Son corps donna bientôt toutes les apparences du trépas. Sa conscience elle-même disparut, comme absorbée par le noir univers jouxtant les limites de la vie et de la mort. Il ne lui restait plus qu'à attendre, insensible au poison mortel. Attendre la belle-sœur qui découvrirait les corps au petit matin. L'aération de l'appartement, l'arrivée des secours, le constat des médecins impuissants, puis les " broufff... broufff... broufff " du voisin du dessus qui, bien involontairement, déclencheraient le processus miraculeux…

Tout cela avait dû se passer car, à présent, Igorian avançait sur le chemin le ramenant des confins de la vie. Son cœur adopta un rythme régulier. Depuis quelques minutes, sa température corporelle était remontée à une valeur très proche de la normale. Il exécuta alors sa première inspiration digne de ce nom. Gagné ! Il n'y avait plus la moindre odeur de gaz dans la pièce. Les " broufff... broufff... broufff " se faisaient de plus en plus ténus, signe que le culturiste arrivait à la fin de son exercice en y mettant moins de force. Encore quelques instants et Igorian pourrait remuer les doigts, ouvrir les yeux et reconnaître le monde autour de lui...

Il devait y avoir des gens dans l'appartement. Ida la belle-sœur, le concierge de l'immeuble appelé en renfort, l'un ou l'autre curieux, et bien sûr le médecin appelé d'urgence qui avait dû, déjà, examiner le couple et annoncer le terrible verdict. Peut-être était-il en train de signer les certificats de décès. La surprise de ce petit monde allait être de taille ! Au-delà de toute compréhension, un mort allait revenir à la vie !

 

* * *

Le matin brumeux avala les derniers humains qui s'en retournaient vers la vie. Il ne resta bientôt que deux hommes, deux ouvriers vêtus de sombre. Les autres s'en étaient allés dès après la cérémonie. Le concierge d'abord, qui n'aimait pas les matins brumeux. Puis le locataire du troisième, qui perdait une matinée de travail. Suivi par un vague cousin qui songeait distraitement à une bribe d'héritage. Un inconnu, qui peut-être s'était trompé de cimetière, s'était éclipsé à son tour. Ida la belle-sœur ne s'était pas éternisée davantage. Elle regrettait d'être arrivée en retard, vendredi dernier, à cause de la grève surprise des transports en commun. Mais qu'est-ce que cela aurait changé ? Le culturiste, enfin, qui avait reniflé l'odeur du gaz en descendant les étages, à l'heure où il sortait pour accomplir son jogging matinal. Il avait alors défoncé la porte d'un coup d'épaule et ouvert la fenêtre de la chambre afin de provoquer un courant d'air. D'un vigoureux bouche à bouche, il avait réussi, in extremis, à redonner vie à sa maîtresse. Cette dernière n'assistait pas à la cérémonie car elle devait rester quelque temps encore en observation. Quant à son époux, il n'avait même pas essayé de le ranimer. Non seulement ce dernier avait déjà trop l'apparence de la mort, mais surtout, l'occasion était trop belle d'en être à jamais débarrassé.

Igorian ouvrit enfin les yeux. Tout était noir autour de lui ! Un noir épais, absolu, la plus oppressante des obscurités qu'il eût jamais contemplée. Il crut, durant un instant, avoir perdu l'usage de la vue dans l'aventure. Un éclair déchirant vrilla son esprit lorsqu'il voulut avancer les bras au-dessus de lui... et qu'il ne rencontra que les contours flous d'un capitonnage soyeux. Alors seulement, il comprit. Mieux, il fut forcé de comprendre, contre sa raison, contre tout son être en révolte. Et il dut détruire un à un ses derniers espoirs. Tel un forcené, maltraitant ses doigts encore ankylosés, il déchira le capitonnage. Il trouva des parois lisses qu'il se mit à griffer, à cogner, à marteler désespérément. Mais ses coups étaient faibles, insignifiants, et sa prison à présent trop bien isolée du reste du monde ! Il comprit qu'il était resté bien plus longtemps que prévu dans son état artificiel de mort apparente. Les " broufff... broufff… broufff " qui avaient entraîné son retour à la vie n'étaient certainement pas dus aux exploits du culturiste, mais plus sûrement aux pelletées de terre lancées sur son cercueil ! Il voulut hurler sa terreur, mais sa gorge, trop sèche, ne vomit qu'un grognement à peine audible. Se débattre ? Hurler à s'en déchirer la gorge ? Inutile ! S'imposa alors, pour Igorian Athanatos, le règne de la plus incommensurable terreur.

FIN

© ® Auteur : Claude Thomas, texte déposé.

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