La Mission

 

Décidément, cette mission me plaisait de moins en moins. Je l'avais acceptée, un peu par curiosité, mais surtout parce que j'étais débiteur d'une ancienne dette envers cette ordure de Boris. Lorsque, perfidement, celui-ci m'avait rappelé les services rendus à une certaine époque, il avait eu beau jeu ensuite pour me forcer la main. Et moi, comme un idiot, j'avais accepté ce qu'il me proposait. Tout cela pour me retrouver maintenant devant ces étranges escaliers, où je n'ai plus qu'à maudire mon éternelle faiblesse !

Naturellement, Boris aurait été bien incapable de se charger lui-même de l'exploration que je menais en ce moment. Avec ses cent trente-cinq kilos de graisse envahissante, son souffle inexistant, et sans compter sa terreur maladive de l'obscurité, il était bien le dernier à pouvoir accomplir ce genre de travail. Lui, il n'aurait même pas pu franchir le souterrain. Là, ça avait été du sport. Une taupe l'aurait trouvé étroit, et j'exagère à peine. J'en ai encore les mains et les genoux meurtris, des tiraillements insupportables dans les mollets et plus d'une bosse sur le crâne. Car, bien sûr, j'avais négligé de me munir d'un casque ! Mais, d'une certaine manière, je dois sans doute rechercher inconsciemment ce genre de situation. Les grottes, les souterrains, le mystère,... j'ai toujours aimé ça ! Et dès qu'il y a une bosse à prendre, je ne suis jamais loin.

Boris m'avait fourni le plan du parcours que je devais impérativement emprunter. Je l'avais étudié, gravé dans ma mémoire, puis détruit comme il me l'avait demandé. Le fameux souterrain, dont le plan omettait curieusement d'indiquer la section et la longueur, s'ouvrait dans une des grottes situées sous le château d'Ygneville. Déjà, pour parvenir le plus discrètement possible jusqu'à cette forteresse du onzième siècle aux trois-quarts effondrée, il m'avait fallu franchir un sacré bout de chemin. En vérité, près de cinq kilomètres de sentiers tortueux, à faire à pied et de nuit. Comme si je n'avais pas pu le faire en voiture, par la Route Nationale, et arriver tout bonnement sur le parking des visiteurs à l'entrée du domaine ! Mais non, discrétion maximale ! Il paraît que ma mission l'exige. On se demanderait bien pourquoi, vu qu'à cette heure tardive il n'y a pas âme qui vive dans ces ruines, et quand bien même on m'y aurait aperçu...

Après le sentier, j'avais dû passer par l'ouest afin d'éviter les quelques maisons du hameau. Evidemment, de ce côté là, c'est-à-dire en passant par la rivière et par la falaise abrupte, je ne risquais pas d'attirer l'attention ! Certes, l'endroit ne manquait pas de charme, du moins il ne devait pas en manquer durant le jour. Je dus gravir les quatre-vingt-quinze mètres séparant le lit de la rivière des premiers remparts du château à la force des bras. Le départ presque vertical et affreusement lisse me causa d'atroces difficultés. J'y laissai un ongle et une collection de blasphèmes à damner tout un monastère pour l'éternité. Heureusement, après une dizaine de mètres d'escalade, le plan s'inclinait et la roche se torturait davantage, offrant de multiples prises de mieux en mieux utilisables. Vers le dernier tiers de l'ascension, de maigres arbustes me procurèrent des facilités supplémentaires. Néanmoins, à cette hauteur la roche pourrie par l'humus dissimulait de terribles pièges. Un moment d'inattention et c'était le plongeon dans le vide avec pour comité d'accueil une rivière peu profonde au lit de caillasse. Je ne dus ma survie qu'à mes réflexes et à mon agilité de singe lorsqu'une de mes prises s'effrita sous mes doigts en entraînant dans le vide une avalanche de pierrailles. Enfin, suant sang et eau, je me retrouvai sous la première muraille. C'est alors que j'aperçus une brèche, non loin de ma position, outrage des siècles ou cicatrice d'un assaut oublié. Ce fut par-là que je pénétrai dans la place. Quand je pense que j'y serais arrivé tout aussi discrètement, propre et frais, en empruntant la voie normale des visiteurs ! Parfois je me demande si ce Boris ne se joue pas de moi par plaisir ! Suis-je vraiment si stupide pour obéir à un plan dans ses moindres détails, même quand celui-ci a été élaboré par un gros plein de soupe illuminé ?

Sur le promontoire, une herbe folle envahissait sans vergogne un univers véritablement chaotique. Une lune fantomatique, livide à faire hurler d'effroi un loup endurci par un demi-siècle de Sibérie, éclairait l'ensemble d'une clarté blafarde à souhait. Un rapide tour d'horizon me flanqua un indicible frisson qui me coula par vague jusqu'au bas du dos. Mais je me ressaisis bien vite. En effet, qui d'autre que moi eût été assez fou pour oser s'aventurer dans ces ruines à pareille heure ? Quant aux loups, cela faisait autant de siècles que croulait la forteresse qu'on n'en avait plus vus dans le pays. À part d'hypothétiques fantômes égarés, je ne risquais pas de faire la moindre rencontre en ces lieux.

Après avoir contourné plusieurs monceaux de gravats, je parvins finalement au centre de la forteresse. Il n'en restait que des pans de murs désossés aux toits envolés et aux planchers d'herbes et de pierrailles. Transgressant quelque peu les consignes de Boris, je gagnai l'endroit le plus élevé de l'esplanade, une sorte de mamelon surmonté d'une amorce de donjon. De cet endroit, je pus apprécier à ses justes dimensions l'étendue du domaine. Les cicatrices de plusieurs siècles d'abandon et de pillage composaient un spectacle peu réjouissant, mais qui dégageaient néanmoins un charme étrange et envoûtant.

J'allais poursuivre ma mission, c'est-à-dire aller à la recherche du fameux souterrain, lorsque mon attention fut attirée par un mouvement fugace. À quelques dizaines de mètres, dans une zone encore plus enchevêtrée de ronces et de ruines, quelque chose ou quelqu'un bougeait ! Lorsque, ayant maîtrisé mon inquiétude naissante, je pus enfin distinguer de quoi il s'agissait, j'y allai d'une avalanche de jurons. Je jurai, jurai et re-jurai ! Ce que je voyais semblait sortir directement de la légende ! Il faut vous dire qu'à la ville, lorsque je n'explore pas des forteresses médiévales la nuit et sans autorisation, je suis un passionné de légendes et de folklore. Et je connaissais particulièrement bien celle qui était en train de prendre forme devant mes yeux ébahis. Cette légende, je m'étais même promis de la vérifier un jour, mais trop occupé par tous mes projets, j'avais fini par oublier.

Des yeux jaunâtres brillaient sous la pâle clarté de la lune. Les cornes tordues vers l'arrière, l'air nonchalant, un bouc broutait les tiges d'un court arbuste. Or, cette satanée légende disait qu'un bouc, la nuit de la Saint-Jean, pouvait mener le vaillant et courageux chercheur jusqu'au trésor de Damoiselle Marthe, autre figure du patrimoine historique et légendaire du Château d'Ygneville. Comme pour quémander un démenti au destin, je consultai le dateur de ma montre. Nous étions bel et bien la nuit de la Saint-Jean ! Minuit filait vers le quart et le bouc était là, à son poste. Attendait-il le valeureux chevalier prêt à braver les monstres gardiens du trésor de la belle ? Ou n'était-il qu'un brave animal égaré, ou lâché justement ici par un facétieux amateur de folklore ?

Si, à ce moment, j'ai juré comme un charretier, c'est parce que je n'étais pas venu ici pour ça ! La mission commanditée par Boris était d'une toute autre nature. Adieu l'or, les piécettes et les joyaux de la belle ! Je n'avais pas de temps à consacrer pour une filature aléatoire de cet animal. Je pris néanmoins cette rencontre avec le bouc comme un signe positif du destin. Alerté par mes abominables jurons, l'animal redressa la tête, huma l'air et trottina, dégoûté, vers l'autre extrémité de la forteresse. Pour me consoler, je me dis que ce gros sac à suif ne devait être qu'un pauvre bouc égaré et que j'étais bien bête, moi, de croire à ces vieilles légendes. Le trésor promis par Boris était sans doute plus réel que ces fariboles !

Je repris ma progression non sans étouffer un dernier soupir. Allumant une lampe torche, je découvris bien vite l'entrée des caves. Une sorte de puits aménagé s'ouvrait à même le roc. J'empruntai son échelle de fer branlante, puis ses escaliers de pierres maçonnées, puis quelques marches taillées à même le roc, et je me retrouvai rapidement dans la première grotte. Je dus prendre mille précautions pour ne pas m'étaler sur le sol de terre rendu extrêmement glissant par les incessants suintements vomis par les parois et le plafond. Une enfilade de trois ou quatre salles de plus en plus exiguës m'amena jusqu'à l'entrée du souterrain proprement dit. Il s'ouvrait bien à cet endroit, comme indiqué sur le plan de Boris. Son ouverture était parfaitement dissimulée derrière un quartier de roc détaché d'une des parois. Visiblement, du moins à en juger par l'absence de trace sur le sol meuble, personne depuis des années sinon des siècles ne semblait l'avoir emprunté !

C'est ainsi que, sur les genoux et sur les mains, je m'engageai résolument dans ce boyau parfaitement rectiligne. Malgré la puissance de ma torche électrique, je ne pouvais en distinguer la fin. Sans doute l'étroitesse du conduit exacerbait-elle l'impression d'infini. Boris avait simplement mentionné " un petit souterrain facile ". Facile ? Le salaud ! Il allait voir sa tête à mon retour ! Après une bonne centaine de mètres, alors que je commençais à croire que j'allais y laisser mes os pour l'éternité, le boyau prit fin. Je m'en extirpai avec un réel soulagement, me redressant enfin dans un espace aux dimensions plus décentes. Le périple sous terre se poursuivit alors par des salles naturelles, de hauteurs variables et encombrées d'amas rocheux. Elles étaient parfois inondées d'un demi-mètre d'eau glacée. Encore un détail non signalé sur le plan ! J'accédai enfin à la dernière salle après avoir gravi une douzaine de marches modelées dans une terre visqueuse.

Boris avait dit : " Au-delà de la dernière salle naturelle, tu découvriras une crypte secrète, taillée dans la roche. Au fond de cette crypte se trouvent des escaliers. Tu devras les monter. Ils ne mènent nulle part ! Cependant, il doit y avoir une niche au sommet. Et dans cette niche, la fameuse coupe d'or des Hauguilvert... ".

C'était ce qu'il avait compris après une pénible traduction d'un manuscrit hermétique récupéré dans les documents de son oncle Fred. Le cher oncle avait eu la bonne idée de léguer ses malles de bouquins et de vieilles paperasses au plus farfelu de ses neveux : Boris. Celui-ci aurait pu hériter de l'argenterie ou du contenu de la cabane à outil, de l'antique Daimler ou du mobilier rococo, un mélange de cent styles écœurants à souhait mais assurément dans les goûts du neveu. Mais non ! Le vieil original lui avait légué ses archives ! Et depuis des mois Boris était plongé dans ces nids à poussières à la recherche de dieu sait quoi. À l'en croire, il était parvenu à traduire un vénérable parchemin qu'il assurait être une sorte de plan menant au trésor des Hauguilvert !

Ensuite, l'ami Boris avait réussi à me convaincre d'aller vérifier sur place, cela d'autant plus facilement que je lui devais un petit service et que suis un grand naïf devant l'éternel. J'admets que je suis un champion pour me fourrer de mon propre chef dans les situations les plus abracadabrantes. Et voilà, je me retrouvais à présent les mains et les genoux en sang, le crâne endolori, trempé, sale et complètement fourbu, dans la plus parfaite illégalité dans le sous-sol pourri d'une forteresse médiévale, propriété privée d'un riche allemand infréquentable !

Devant moi, frémissant dans la lumière crue de la torche électrique, les contours de la crypte secrète m'apparaissaient enfin. Et, ma foi, je l'avoue, je n'étais nullement déçu des souffrances endurées pour arriver jusqu'ici. Je devais être le premier depuis très longtemps à respirer l'air fétide de ce sanctuaire, ce qui d'une certaine manière ressemblait à un privilège que je n'aurais cédé à personne, et surtout pas à Boris. J'avançai prudemment sur un dallage constitué de longues pierres bleues du pays, maculant le sol de mes traces boueuses. Des colonnes taillées dans la masse, de section carrée, soutenaient pour le principe une voûte très basse. Je laissai quatre de ces piliers de part et d'autre et arrivai au cœur du sanctuaire. Là, deux orants de marbre noir sculptés avec un raffinement rare priaient dans le silence éternel. Ces deux splendeurs encadraient un autel curieux. Après un moment de stupéfaction, je reconnus une authentique " pierre à quatre dieux " romaine, vestige pour le moins anachronique en ce lieu d'un culte païen interdit.

Je méritais des gifles ! Comment était-il possible d'avoir oublié de prendre un appareil photo avec moi ? Il me faudrait absolument revenir et filmer tout cela. Ces chefs-d'œuvre n'étaient pas mentionnés sur le plan, sans doute parce que le parchemin déchiffré par Boris n'en parlait pas.

Juste après l'autel, la voûte qui jusque là n'était guère plus haute que moi, disparut soudain vers des hauteurs que ma torche ne révéla plus. J'estimai le sommet à au moins trente mètres. Je fis encore quelques pas en avant et découvris enfin la fameuse volée d'escaliers signalée par Boris. Le faisceau de ma torche sembla la réveiller de son obscurité éternelle, comme si ce contact avec la lumière lui redonnait vie après mille années d'oubli. Ce phénomène surprenant trouva bientôt son explication, mais celle-ci me parut encore plus extraordinaire. Les marches étaient d'acier poli ! Elles ne présentaient pas la moindre trace d'oxydation, comme si des cohortes de légionnaires fantômes les empruntaient toujours dans un sens ou dans l'autre et ce depuis le jour de leur édification. En fait de marches, il s'agissait plutôt de larges plaques d'acier inoxydable, métal on ne peut plus choquant dans cet environnement chargé d'histoire, de légendes et de prières.

Je ne suis pas particulièrement ce que l'on pourrait appeler un trouillard. Je suis curieux et intéressé, certes, mais avant tout prudent. Cet escalier ne me disait rien qui vaille. Je maudis Boris une fois de plus. Je l'imaginais, bien au chaud dans sa bibliothèque, un brandy à portée de main et un cigare puant vissé au coin des lèvres. Il ne risquait pas grand chose, lui ! Alors que moi, je devais encore gravir ces marches étranges pour, arrivé au sommet, plonger la main dans une niche où, toujours selon les dires de mon ami, devait se trouver une coupe d'or sertie de pierreries d'une valeur inestimable ! J'étais presque au bout de mon exploration et pourtant je restai là, dubitatif, et passablement inquiet. Ces marches m'impressionnaient !

Depuis de longues minutes, je respirais un air chargé d'une forte humidité et probablement de vapeurs malsaines réveillées par mon passage dans la zone boueuse. Une atmosphère jamais renouvelée depuis des siècles. Mon malaise s'accentua. Je me sentis rapetisser telle une baudruche en train de se dégonfler, tandis qu'en même temps il me semblait perdre peu à peu le contrôle de ma volonté. Je me rendais bien compte que cette emprise sournoise était due à l'air que je respirais. Il aurait suffi que je rebrousse chemin pour recouvrer ma sérénité et toute ma lucidité. J'aurais pu revenir ensuite avec un masque respiratoire et tout l'équipement nécessaire. Mais, d'un autre côté, une incoercible curiosité me poussait à escalader sur-le-champ le dernier obstacle. Pourquoi ai-je alors ôté mes chaussures et mes chaussettes ? Pourquoi ai-je retroussé le bas de mon pantalon jusqu'au-dessus des genoux, et mes manches de chemise jusqu'aux coudes ? Je ne saurais le dire ! La folie prend parfois des expressions incroyablement saugrenues.

J'étais comme téléguidé par une force étrangère à ma volonté. Je posai un pied nu sur la première marche et le contact glacé réveilla un bref instant mes facultés engourdies. Mais l'autre volonté me prodigua un regain d'audace. Je gravis résolument plusieurs niveaux. Le sommet était toujours noyé dans l'obscurité. Les éclaboussures de feu projetées par la réflexion de la lumière de ma torche électrique sur les marches, réchauffèrent étrangement mon visage et mes membres. Etait-ce la fièvre de la peur ou l'effet de mon imagination ? Je devais être arrivé sur la dixième ou onzième marche lorsque je m'immobilisai, interdit, les sens aux aguets.

Les marches ! Les plaques d'acier ! Pourquoi n'avais-je pas pris soin de les examiner avec plus d'attention avant de m'élancer sur ce sinistre échafaud ? Je me penchai alors pour mieux les observer. Horreur ! Les marches étaient des lames ! De gigantesques sabres de géants posés à plat ! Le côté tranchant, comme affûté du matin, jetait des étincelles de lumière qui allaient agoniser dans l'obscurité insondable. Etait-ce la hauteur avec son atmosphère plus saine, ou l'incongruité de cette construction délirante ? Je pris soudain conscience d'un terrible danger latent. Je fis volte-face avec la ferme intention de redescendre au plus vite cette hallucinante échelle de sabres. Malheureusement, les événements me prirent de vitesse...

Il y eut comme un " clic " sec. Avec une force inouïe, la lame sur laquelle je me trouvais pivota instantanément vers le haut de quatre-vingt-dix degrés. Ce mouvement me projeta en l'air comme si je n'avais été qu'un pantin rempli de plumes. Toutes les autres lames avaient effectué le même mouvement pour présenter leur redoutable tranchant vers le haut. Et moi,... je retombais, tombais, tombais...

Comme dans une scène au ralenti, il me sembla tomber durant un temps atrocement long. Soudain, il me vint à l'esprit que dans ma chute, j'avais dû, c'était inévitable, passer au travers du réseau de lames tranchantes ! C'était cela, j'étais bel et bien passé au travers,… en plusieurs morceaux impeccablement sectionnés ! Je sentis alors sur ma peau, et se prolongeant jusqu'au tréfonds de mon âme, la flamboyante éruption d'une angoisse indicible. J'ouvris enfin des yeux inondés de terreur.

- Je suis désolée d'écourter ta sieste, mon chéri, mais Boris vient d'arriver. Il voudrait te parler de la traduction d'un parchemin qui...

Je vis alors se dessiner dans mon champ de vision la silhouette de mon épouse. Elle me parlait et j'entendais sa voix, mais mon esprit avait toutes les peines du monde à enregistrer ses paroles. Je devinai qu'il était question de Boris et d'un parchemin,... mais je ne l'écoutai déjà plus, je me tâtai vivement !

Entier ! J'étais entier ! Je remarquai alors que mon épouse tenait toujours à la main la ficelle des stores qu'elle venait d'orienter d'un geste sec. Une lumière éblouissante inondait la pièce. Mon visage et mon corps étaient comme flagellés de rais chauds et lumineux. Alors Boris entra...

FIN

© ® Auteur : Claude Thomas, texte déposé.

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